lundi 28 mars 2011

Bouquetins du Vercors

Visite à mes amis du Vercors, après une petite marche d'approche très sympathique, bien qu'un peu longue...





Suprise ce jour-là, une fine couche de neige est venue souligner la montagne. Le paysage est magnifique et nous avançons seuls vers ce col encore loin.




L'accès demande tout de même quelques efforts, ça monte sévèrement.


La montée un peu rude ne nous fait pas oublier notre objectif, déjà nous les entendons siffler.



Nous y voilà !


Nous sommes en milieu naturel, face à des animaux sauvages, la rencontre n'est malheureusement pas toujours garantie et parfois après de longues marches, il est décevant de ne rien voir. Il faut garder sa motivation intacte, car lorsque la rencontre se fait, c'est un grand moment de bonheur. Animaux très paisibles, leur observation est facile, mais il faut garder à l'esprit que nous ne sommes que de simple visiteur.  Les bouquetins sont des hôtes accueillants, mais ils savent nous signaler par leurs sifflements que nous dépassons les limites...


Les bouquetins sont des ruminants, ils passent la plupart de leur temps à manger et à ruminer, dans de longues siestes paisibles.

Mais cet animal a bien failli disparaître définitivement de l'Arc alpin. "En effet, jusqu'au milieu du xve siècle, il était encore répandu, mais le développement des armes à feu signe très vite la fin de cet habitant des Alpes. L'animal, facile à approcher et à chasser, est alors consommé pour sa viande. La médecine de l'époque toute empreinte de superstitions, lui est alors fatale : les cornes broyées en poudre sont alors utilisées comme remède contre l'impuissance, son sang comme remède contre les calculs urinaires, son os en forme de croix situé au niveau du coeur comme talisman1. Enfin l'estomac est utilisée pour vaincre les dépressions."

C'est le 12 septembre 1821 que le roi Charles-Félix de Savoie interdit la chasse des bouquetins. En France, c'est la création du Parc National de la Vanoise en 1963 qui sauve l'espèce et lui permet de recoloniser les espaces proches.




La force qui se dégage de ces caprinés pouvant peser jusqu'à 100 kilos, est incroyable. Ils sont impressionnants, mais pacifiques, tout au moins avec les visiteurs humains... Entre eux, les bravades et combats se multiplient, l'enjeu étant la position dans le groupe et la reproduction.


L'observateur discret et patient se fera gratifier de la curiosité des bouquetins, il sera accepté sans problème s'il sait se faire oublier, plaqué au sol, et immobile.




"Le bouquetin est un animal des hautes montagnes, mais selon les saisons, l'altitude à laquelle on peut les trouver varie de 500 à3 000 m.

C'est l'été que les animaux montent le plus haut, aux cols les plus élevés, sur les sommets ou les crêtes. Au printemps, ils descendent très bas. À l'automne, ils sont un peu plus haut, mais ils restent faciles à approcher. L'hiver, ils peuvent descendre jusque dans les vallées pour trouver de la nourriture, car ils ne craignent pas la proximité de l'homme.



En règle générale, le bouquetin aime les pentes rocheuses et ensoleillées, où il passe le plus clair de son temps à se prélasser. Un versant ensoleillé avec des coulées de pierres et quelques touffes d'herbe sont l'idéal pour eux."










Voici un superbe mâle qui m'a permis de l'observer pendant un long moment, aussi curieux que moi, il me regardait avec un regard hypnotique. Je l'ai pour l'occasion surnommé Raoul.


"Le bouquetin est un animal essentiellement diurne, s'activant avant le lever du soleil et les premières heures du jour, et le soir avant la tombée de la nuit. Le reste du temps, il se prélasse sur des terrasses herbeuses bien exposées au soleil. Herbivore, le bouquetin peut manger jusqu'à 20 kilogrammes par jour de graminées, légumineuses mais encore de rameaux de genévrier, rhododendrons ou de mousses et lichens pourtant difficiles à digérer. Il n'est pas rare de le rencontrer en montagne aux abords des pierres à sel destinées aux troupeaux, sel dont son organisme a besoin et qu'il trouve également dans les schistes. Le bouquetin boit très peu, se contentant souvent de la rosée du matin.

Au printemps, il se nourrit d'arbustes, tels le noisetier ou l'aune vert, appréciant leurs pousses tendres et vertes, leurs bourgeons et chatons qu'il atteint en se dressant sur ses pattes postérieures.

L'hiver, il se nourrit de la rare végétation accessible composée de lichens et de mousses."


"Chez les petits bouquetins, la reconnaissance des sexes est impossible avant 5-6 mois et reste très difficile jusqu'à 1 an ; on parle alors de cabris. Au-delà d'un an, il devient possible de différencier les sexes des individus à l'observation par le diamètre des cornes. Celui des éterlous, c’est-à-dire des jeunes mâles, est plus important : les cornes se font plus épaisses à la base du fait de l'apparition des premières nodosités. Chez les éterles, jeunes femelles, elles sont plus minces et dépourvues de bourrelets.
Les cornes constituent donc un élément moteur dans la détermination des sexes, mais également dans la détermination de l'âge d'un individu."

Etagne
"La femelle bouquetin également appelée « étagne » est plus petite et plus fine que le mâle. Elle mesure entre 70 et 78 cm de hauteur au garrot pour une longueur comprise entre 1,05 et 1,45 mètres. Son poids varie entre 35 et 50 kg. Mais la différence principale réside dans la longueur des cornes. Ces dernières sont en effet beaucoup plus courtes, mesurant 20-25 cm (30 au maximum) et ne pesant que 100 à 300 grammes la paire. Les cornes des femelles sont plus fines et par ailleurs dépourvues de bourrelets."

Cabri

Voici l'un des plus gros mâles du Vercors, un bouquetin très impressionnant, toujours en retrait par rapport au troupeau, il sait tout de même affirmer sa position de dominant...

Combat de bouquetins - période de rut
"La période de rut commence début décembre pour se terminer mi-janvier. Les bouquetins mâles et femelles se regroupent. Au sein de ces troupeaux se crée une hiérarchie. Il y a généralement un mâle dominant par groupe – souvent parmi les plus vieux, qui s'impose après un combat de cornes, combats rarement violents qui s'échelonnent tout au long de l'année et dont on peut entendre le choc très caractéristique jusqu'à un kilomètre de distance.  
La maturité sexuelle des mâles est atteinte vers 18 mois, 2 ans pour les étagnes. Pour les femelles, la meilleure productivité se situe entre 3 et 13 ans avec un maximum aux alentours de 8 ou 9 ans. Les mâles peuvent eux se reproduire jusqu'à l'âge de 16-17 ans et les femelles jusque vers 14-15 ans.
Le mâle désireux a la queue rabattue sur l'échine laissant ainsi éclater la blancheur de son fessier. La femelle, elle, manifeste son désir en frétillant de la queue. Plusieurs coïts sont effectués en quelques heures et les accouplements se déroulent généralement à la tombée du jour ou la nuit."








Je vous laisse imaginer la violence du choc, lorsque 100 kilos de muscle se lancent sur une tête aussi dure et aussi motivée à ne pas céder un pouce de terrain !



Vidéo réalisée par Valérie Blachier




Le plus étonnant lorsque l'on assiste à ce type d'affrontement, qui n'occasionne jamais de blessure grave, c'est l'attention que portent les animaux à ce qui les entoure. Sans aller au plus proche, on ressent très bien leurs soucis de ne blesser personne. Ainsi, pour les images suivantes, leur combat les a emmenés très près de moi, moment très impressionnant, mais à aucun moment je ne me suis senti en danger. Ils semblent parfaitement contrôler leur force.






Notez la présence d'un collier émetteur sur le plus gros mâle.


La nature sait toujours offrir des moments magiques comme celui-ci, il faut seulement être attentif et apte à les recevoir, prendre le temps, et s'effacer devant elle pour mieux l'intégrer. Une fois que cela est fait, le spectacle est toujours au rendez-vous.









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