mardi 7 février 2012

Argent public, à lire d'urgence !

Un ouvrage à consulter d'urgence pour constater que les privations sont toujours demandées aux mêmes au bénéfice des mêmes...




Un article de France Soir :

"Un député qui enquête sur l'argent de l'Etat : l'image peut surprendre. Voilà pourtant cinq ans que René Dosière, élu apparenté PS de l'Aisne, traque sans relâche les dépenses de l'Elysée et du gouvernement, à coups de questions écrites adressées aux politiques concernés*. Le résultat est sans appel : « Chaque présidence est un peu plus coûteuse que la précédente », déplore cet empêcheur de dépenser en rond. Nicolas Sarkozy se trouve en première ligne : « Les dépenses du chef de l'Etat sont excessives et doivent être réduites », martèle René Dosière. Il dénonce le train de vie «monarchique » de celui qu'on surnomme « le président bling-bling ».

A commencer par ce qu'il considère comme une « boulimie de déplacements». Au total, Nicolas Sarkozy passe 24 heures par semaine dans l'avion, soit 50% d'heures d'avion de plus que son prédécesseur Jacques Chirac. Il se déplace en moyenne 70 fois par an, contre 50 au début du quinquennat. Pour chaque voyage, les forces de sécurité mobilisées sont « sans commune mesure » avec la période Chirac, où elles étaient « inférieures de moitié, voire des deux-tiers ». Le nombre de véhicules a plus que doublé (de 55 à 121) sous le mandat Sarkozy. L'addition est salée : jusqu'à 600 000 euros pour un déplacement de 2 heures en province, dont 450 000 euros uniquement pour les frais de police. « Pourquoi Sarkozy a t-il besoin d'avoir autant de policiers ? », s'interroge René Dosière.
12 000 euros de frais de bouche par jour

« On sait que le président mange peu, mais apparemment ses invités mangent beaucoup... », déduit ensuite le député au vu des frais de bouche de l'Elysée (12 000 euros par jour, dimanche compris). Il note aussi que le chef de l'Etat est friand d'enquêtes d'opinion : le montant des sondages a explosé, passant de 500 000 euros sous Chirac à 2,2 millions sous Sarkozy. Enfin, René Dosière regrette que le ministère de la Défense ait annoncé que le nouvel avion du chef de l’Etat-rebaptisé Air Sarko One-avait coûté 176 millions d’euros. Selon lui, le vrai montant de la facture s'élèverait à 259 millions d’euros.

Paradoxalement, l'élu reconnaît que l'arrivée de Nicolas Sarkozy a marqué une « révolution » en matière de transparence, avec la mise en place à partir du 1er janvier 2008 d'un budget autonome pour l'Elysée, contrôlé par la Cour des comptes. Mais il déplore que le budget de la présidence de la République ait augmenté de 5,8% entre 2008 et 2010, pour atteindre 113 millions d’euros. Pour améliorer la situation, René Dosière souhaiterait que l'Elysée mette « son budget sur internet » et que la Cour des comptes contrôle les budgets 2011 et 2012... ce qui n'est pas prévu pour l'instant.

*Il livre le bilan de ses investigations dans l'ouvrage « L'Argent de l'État », publié jeudi aux éditions du Seuil.



Voici le texte de la conférence de presse de Monsieur le député René Dosière, extrait :

"Le budget de l’Elysée est devenu moins opaque.
Depuis 2008, une grande partie des financements des ministères sont regroupés dans un budget « consolidé » désormais soumis au contrôle de la Cour des comptes. Je suis le premier à m’en réjouir puisque je préconisais ces mesures depuis plusieurs années. Le budget de la présidence se monte à 113 millions d’euros. Ces améliorations, dont il faut créditer Nicolas Sarkozy, sont, toutefois insuffisantes : environ 30 millions de dépenses présidentielles sont toujours dispersées dans les budgets ministériels (cf. liste jointe). De plus la transparence sur les dépenses demeure très incomplète : L’Elysée devrait faire apparaître sur son site un budget détaillé au niveau de rubriques plus détaillées.
 Enfin la Cour des comptes doit examiner sur les budgets 2011 et 2012, ce qui, aujourd’hui n’est pas prévu.
Les dépenses de l’Elysée ont été beaucoup plus importantes que sous J. Chirac. Si les éléments de comparaison sont rares, quelques chiffres sont significatifs : les déplacements aériens de N. Sarkozy sont beaucoup plus nombreux (+49%). Le Président passe 24 heures par semaine en vol, le nombre de véhicules est passé de 55 (sous Chirac) à 121, le montant des sondages a explosé (500 000 euros sous Chirac) et 2,2 millions sous Sarkozy, les dotations présidentielles (dans l’ancien périmètre) ont augmenté de 9% en 2007 par rapport à 2006, les forces de sécurité mobilisées à l’occasion des déplacements présidentiels de N. Sarkozy (coût 450 000 euros par déplacement) sont sans commune avec la période Chirac (inférieur de moitié, voire 2/3).







Un ministre coûte, par an, 16,72 millions d’euros. Tel est le montant que j’ai pu établir, pour la première fois. Le détail de ce coût est fourni dans un texte joint. Réduire le nombre des ministres à 15, comme cela avait été envisagé, permettrait une économie de l’ordre du milliard d’euros sur la durée du quinquennat.

Le train de vie des ministres est pour le moins excessif. Le nombre des membres de cabinet par ministre est de 20, auxquels il faut ajouter 100 personnels de soutien (maitre d’hôtels, chauffeurs, secrétariat…), un effectif qui ne cesse d’augmenter au fil du temps (2), chaque ministre dépense en moyenne, 363 522 euros par an en déplacements aériens, et 267 315 euros de frais de représentation, enfin chaque cabinet dispose de 12 voitures de fonction (dont 2 pour le ministre) et de 8 chauffeurs. Concernant le logement, les données récentes ne m’ont pas été fournies, mais en 2010, 14 ministres disposaient d’un logement de fonction, 5 autres louaient un logement privé et 20 occupaient leur logement personnel. En principe les ministres payent, personnellement, la taxe d’habitation mais le doute subsiste…

Quant aux rémunérations des conseillers des ministres, elles sont, pour la première fois, connues en détail (la liste complète figure à l’annexe 3 de mon ouvrage) 11 235 euros nets mensuels pour la moyenne des trois rémunérations les plus élevées (elles vont de 15 117 au ministère du budget à 8183 au ministère chargé des relations avec le Parlement). Pour les secrétariats d’Etat, les chiffres sont de 9970 euros (moyenne), 11 221 euros au secrétariat d’Etat aux Anciens combattants à 6695 euros au secrétariat d’Etat aux affaires européennes.

Je constate que cette dernière année dans le gouvernement actuel de F. Fillon, les rémunérations les plus élevées ont augmenté de +10% à +50%, (liste jointe)

Quant aux rémunérations à la Présidence de la République, elles ont augmenté, en moyenne, de +10,7% ces dernières années (document joint).

Il est scandaleux et inadmissible que les membres des cabinets ministériels s’excluent des efforts de rigueur qu’ils imposent aux Français.



LE COUT D’UN MINISTRE


16,72 millions

                        dont . Frais de personnel  43%
                  (20 membres de cabinets+100 personnels de soutien)

                              . Communication 32%
                  (dépenses de communication 5,3 millions par ministre
                                          43% campagnes de valorisation du ministère
                                                      19% participations à des salons
                                                      17% frais d’impression
                                                      8% achats de presse (entre 1100 et 1400 euros par jour)
                                                                        6% sondages
                                                      4% internet)

                              . Loyer (théorique) 14%
                              . Fonctionnement courant 6%
                              . Train de vie 5%
-       Véhicules (2 pour ministre et 10 pour cabinet)
Cout global 243 000 euros
-       Frais de représentation 270 000 euros
-       Frais de déplacements aériens 360 000 euros



Un ouvrage à lire de toute urgence ! Bonne lecture !


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