lundi 1 août 2016

Conques

Voici l'un des plus beaux villages de France, si vous passez par l'Aveyron faite le détour pour visiter Conques, merveille médiévale arrivée jusqu'à nous sans trop de changement.

Le village est isolé, il s'étend au fond d'une vallée encaissée a l'intersection de deux rivières, le Dourdou et l'Ouche. L'accès est difficile et payant en saison touristique, les automobilistes sont orientés vers les parkings, la visite se fait à pied.


Les premiers vestiges du village de Conques datent du Ve siècle, l'abbatiale fût construite au XIe siècle, elle est entourée de maisons aux ruelles étroites et escarpées.


Lorsque nous arrivons au village, à pied, ce qui nous surprend c'est la végétation qui semble pénétrer le village, ici, il ne faudrait pas grand-chose pour que la forêt efface ce village de nos regards. Une fois encore l'absence d'automobiles rend la visite magique, le silence rajoute au plaisir de la déambulation au milieu de ces vieilles pierres.


Le village de Conques est l'une des étapes majeure du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, vous croiserez donc de nombreux pèlerins et marcheurs.


Le village est encaissé, les ruelles sont pavés de pierres, l'accès est parfois acrobatique.



Les maisons en pierres, pour certaines médiévales, sont de toute beauté, le souci de préservation est réel.




Sur cette façade l'escalier apparait.


Le village possède des portes, ici vers le château d'Humières.



Nous empruntons une ruelle large qui descend vers le parvis de l'abbatiale sainte Foy.


Le bâtiment est impressionnant, l'abbatiale est gigantesque, nous sommes écrasés par cette façade. Au dessus des portes, le tympan finit de nous rappeler notre humble humanité. Ici tout les codes médiévaux sont respectés, la mise en scène est là pour impressionner le visiteur. La leçon de morale se décline sur le bas relief ne laissant aucun doute quant à la destinée de l'éventuel pêcheur.


Le tympan se compose de plusieurs parties, son objet est le jugement dernier.

"Ce tympan est considéré comme « l'une des œuvres fondamentales de la sculpture romane par ses qualités artistiques, son originalité et par ses dimensions ». Il jouit dans le Midi d'une réputation qui lui vaut un dicton aveyronnais.
Il représente le Jugement dernier, d'après l'Évangile selon Matthieu. Il comporte 124 personnages, l'ensemble est divisé en trois niveaux. Tout en haut dans les angles on peut voir deux anges sonneurs de cor, au centre trône le Christ en majesté, avec les élus à sa droite, au Paradis, et les damnés à sa gauche, en Enfer.
Derrière lui les anges portent la Croix et le fer de lance évoquant la Passion.
Au niveau médian, le cortège des élus est en marche vers le Christ, on peut reconnaître la Vierge Marie et Saint-Pierre (personnages nimbés), qui sont suivis par les personnages ayant marqué l'histoire de l'abbaye : l'abbé Dadon (son fondateur), Charlemagne (son bienfaiteur). Dessous, Sainte-Foy sous la main de Dieu, à côté des menottes des prisonniers qu'elle a libérés. De l'autre côté des anges-chevaliers repoussent les damnés essayant d'échapper à l'Enfer. On peut y voir de mauvais moines, un ivrogne pendu par les pieds.
Le troisième niveau est divisé en deux parties. À gauche se trouve le Paradis présidé au centre par Abraham, à sa porte un ange fait entrer les élus. La partie droite est consacrée à l'enfer où préside Satan, et où sont châtiés les péchés capitaux : l'Orgueil, désarçonné d'un cheval, l'Avarice pendue haute et courte avec sa bourse, la Médisance dont la langue est arrachée par un démon, l'Adultère représenté par une femme, poitrine dénudée, liée par le cou avec son amant. Sur le linteau on peut lire la phrase suivante : « Pécheurs, si vous ne réformez pas vos mœurs, sachez que vous subirez un jugement redoutable »."



Les représentations de l'enfer sont sans détour...




L'intérieur de l'abbatiale romane est d'une grande sobriété, les vitraux de Pierre Soulages illuminent les colonnes.


A l'extérieur de l'abbatiale, du coté sud, les vestiges du cloitre avec son magnifique bassin claustral de serpentine.



Le bassin claustral est sculpté sur tout son pourtour, le travail est fin et remarquable, il mérite toute notre attention.


Sur ce qu'il reste du cloitre, des chapiteaux sculptés.






La visite de Conques est parfois sportive, le dénivelé peut être important, les calades sont souvent irrégulières, pensez à vous chausser en conséquence.



Une magnifique visite, un village extraordinaire qui offre partout un patrimoine remarquable, Conques n'a pas usurpé son titre de plus beau village de France !


Nous laissons là ce témoin du passé, peut être reviendrons nous en automne ou en hiver pour y trouver une ambiance plus authentique encore...


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