mercredi 24 juillet 2013

Où est la démocratie ou le racket européen en toute opacité


Aujourd'hui je vais vous présenter un article édifiant rédigé par Malcolm Williams pour la revue Envol de juillet 2013. Difficile de ne pas réagir face à cette "politique" de bandits. Les peuples européens vont devoir reprendre en main leur destinée et rejeter les mafieux qui les manipulent. 



Avant de vous présenter l'article notez que le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) est une structure sous forme de Société Anonyme basée au Luxembourg paradis fiscal européen !



Voici l'article :

Mardi neuf octobre 2012, journal de 13 heures sur France-Inter, présenté par Claire Servajean. Rien de spécial dans l'actualité ce jours-là, juste un vote au palais-Bourbon sur l'adoption du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) de l'Union économique et monétaire, dit "pacte budgétaire".
La présentatrice de France-Inter y a consacré une quinzaine de secondes sur la demi-heure que dure l'émission. Quant à l'adoption en février 2012 par le Parlement et le Sénat du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), je ne ma souviens pas avoir entendu la moindre discussion dans les médias.

C'est tout à fait normal. Il vaut mieux, en effet, que de telles mesures soient traitées avec la plus grande discrétion possible, et qu'il y ait le minimum de débat public. Après tout, on a vu en 2005 ce que ça donne quand on consulte le peuple : il est imprévisible, il ne sait pas prendre les bonnes décisions. Il faut donc passer outre l'avis du peuple. Car le peuple, s'il avait eu connaissance de ces deux textes, s'il avait eu le temps d'en discuter comme en 2005, les aurait très probablement rejetée comme il a rejeté le traité de Valéry Giscard d'Estaing, parce qu'ils accélèrent le déclin non seulement des services publics, mais aussi de notre démocratie telle que nous la connaissons.
Regardons de près le premier des deux traités à être signé,  celui instituant le Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Sa création avait été décidée par le Conseil européen en décembre 2010, sous l'impulsion du tandem Angela Merkel - Nicolas Sarkosy, afin d'aider des états en difficulté et de participer à des sauvetages de banque privée.
En même temps, le Conseil a ajouté deux lignes à l'article 136 du Traité sur le  Fonctionnement de l'Union Européenne (dit Traité de Rome) pour éviter l'obligation de recourir au référendum dans les pays européens - ce qui aurait été nécessaire pour instaurer le MES.
Relisez la phrase précédente. Oui, c'est bien ça ! Le Conseil européen, avec l'accord des représentants de tous les pays concernés, décide de se passer de l'avis des peuples, et nos représentants élus leur cèdent docilement le pouvoir !
Cependant, malgré la discrétion des instances européennes et des médias, le site Allemand abgeordneten-check.de a diffusé courant 2011 une petite vidéo détaillant les principales mesures. Je n'ai eu vent du MES qu'en novembre 2011, grâce à un article paru sur l'excellent site américain counterpunch.org intitulé "Power gray at the ECB" - prise de pouvoir à la Banque Centrale Européenne.

Curieux, j'ai essayé de télécharger le texte du traité, et surprise - j'ai réussi. Mais il était disponible uniquement en anglais ; il n'existait pas encore de version en français, allemand, espagnol, italien, néerlandais, portugais, etc. Cela signifie que, pendant plus d'un an, le texte du traité était disponible uniquement dans une seule langue - une langue étrangère pour 90-95 % des habitants de la zone euro.


Depuis, il est disponible dans toutes les langues de la zone euro (c'est fort sympathique vous en conviendrez), et voici quelques morceaux choisis. Mais d'abord, soulignons-en simplement la disposition principale : le MES est doté d'un fonds de 700 milliards d'euro (un peu plus de 2000€ par habitant de la zone euro ; pour une famille de quatre personnes, ça fait presque 9000€), dont la participation de la France sera 143 milliards, la deuxième plus grosse contribution après celle de l'Allemagne. Cependant, cette somme - qui dépasse l'endettement - risque de n'être que le début

  • Article 8 : Le capital autorisé du MES est fixé à sept cents milliards d'euros ;
  • Article 10.1 : Le conseil des gouverneurs (...) peut décider de modifier le montant du capital autorisé et de modifier l'article 8 (...) en conséquence ; 

 C'est déjà pas mal. Mais il y a pire :

  • Article 9.3 : Les membres du MES s'engagent de manière irrévocable et inconditionnelle à verser sur demande les fonds demandés (...) dans les septs jours suivant la réception de ladite demande ;
 On aurait pu formuler le paragraphe susvisé en français courant : Article 9.3 : aboulez le fric tout de suite, pauvres cons, ne vous posez pas de questions.
Or, personnellement, j'appelle ça un hold-up. Et pourtant, il y a tout de même une question que nous sommes en droit de nous poser : est-ce qu'un état de la zone euro sera désormais en mesure d'établir un budget, étant donné qu'il peut être contraint à verser des sommes astronomiques de façon imprévisible ?
Il y a encore pire :

  • Article 32.2 : Le MES possède la pleine personnalité juridique et la pleine capacité juridique pour (...) ester en justice (L'action d'ester en justice est la capacité d'une personne d'exercer un recours devant un tribunal ) ; 
  • Article 32.3 à 5 : Le MES et ses biens, ses financements et ses avoirs (...) jouissent de l'immunité de juridiction sous tous ses aspects. (...) Les biens, les financements et les avoirs du MES (...) ne peuvent faire l'objet de perquisitions, d'expropriations ou de mainmise de la part du pouvoir exécutif, judiciaire, administratif ou législatif. Les archives du MES et tous les documents qui lui appartiennent ou qu'il détient sont inviolables.


Difficile à cette étape de l'article de la revue Envol, de ne pas intervenir, c'est tout bonnement une structure hors la loi qui a été mise en place, hors la loi au sens premier. Comment en 2013 pouvons nous admettre qu'un pouvoir hors de tout contrôle puisse exister ? Comment accepter que cette officine disposant d'un budget considérable n'ai de compte à rendre à personne et n'ai aucune obligation d'exposer ses actions devant le peuple souverain !

Durant mes années de lycée, sans doute formaté par le système éducatif, j'étais plutôt pro-européen, comme beaucoup j'avais placé énormément d'espoir dans cette institution. En tant que jeune adulte, au moment des grandes prises de décision, j'ai fait l'effort comme beaucoup de lire les rares traités que l'Etat nous diffusait, là le scepticisme s'est installé et comme beaucoup a orienté mon vote contre les traités européens de constitution qui n'étaient pas à la hauteur de nos espérances et qui allaient même à son encontre. Aujourd'hui, avec internet et l'accès aux informations et aux documents européens directement, je m'affirme ouvertement contre cette europe qui n'a rien de social. Elle n'est que l'avatar en plus violent et mal honnête de l'europe originelle de l'acier et du charbon. Une simple zone économique mise à disposition des multinationales au mépris de ses citoyens. Un système destructeur et opaque qui ressemble plus à un organisation mafieuse qu'à une institution démocratique, cet article en est la preuve une nouvelle fois.

Aujourd'hui, ne semblent se soustraire à ce racket, uniquement les pays qui n'ont pas intégré la zone euro ! Une fois encore le royaume unis bénéficie de ce système sans en être victime, on peut s'interroger sur cette réalité, les principales banques d'affaires ayants leurs sièges à Londres. Nous sommes à quelques heures d'un "accord" déterminant pour l'ensemble des citoyens européens, et une fois encore leur vie et leur avenir va être décidé sans eux. L'europe servie sur un plateau aux Etat-Unis...



Mais reprenons l'article d'Envol.

Il y a neuf paragraphes en tout dans cet article, tous du même tonneau.
  • Article 35. 1 : Dans l'intérêt du MES, le président du conseil des gouverneurs, les gouverneurs, les gouverneurs suppléants, les administrateurs, les administrateurs suppléants ainsi que le directeur général et les autres agents du MES ne peuvent faire l'objet de poursuites à raison des actes accomplis dans l'exercice officiel de leur fonctions et bénéficient de l'inviolabilité de leurs papiers et documents officiels.
C'est clair non ? Le MES peut porter plainte "ester en justice", mais jouit d'une immunité totale. Et cette immunité couvre son capital, ses actifs, les gouverneurs, directeurs et autres membres du personnel. Les documents officiels sont inviolables. Autrement dit, ils sont confidentiels, et nous - les contribuables - ne pourrons même pas les consulter.


Que cache donc une officine comme celle-ci ? Qu'elles sont les activités si honteuses que couvrent de telles précautions ? N'est ce pas là une chose inadmissible dans une démocratie ? Allons-nous accepter cela ?

Avant de conclure, un mot sur les modalités de versement des fameux 700 000 000 000 euros : chaque membre du MES aura la possibilité de ne verser que 20 % de la somme due par an pendant cinq ans (art. 41.1). Pour la France, cela ne fait que 28,5 milliard par an. De quoi on se plaint ? Mais aux dernières nouvelles, l'Eurogroupe exigerait que la somme soit payé en entier d'ici juin 2014.
 Eh oui, que voulez-vous ? On n'a pas le choix. Il faut être réactif. Il faut rassurer les marchés et les agences de notation. On ne peut pas permettre à nos banques de faire faillite. Il faut. On ne peut pas.
Ces arguments-là, on les connaît très bien, on les entend presque quotidiennement sur les médias. Ils passent sous un silence assourdissant toute l'histoire de la régulation et de la dérégulation bancaire depuis le milieu du 19 eme siècle.
 Et en guise de conclusion ;  au vu des dispositions contenues dans le traité instituant le MES, nous, le peuple jadis souverain, nous aurions raison d'être complètement interloqués. Mais comment osent-ils pondre de tels textes ? Comment est-il possible de faire un bras d'honneur aussi grotesque, aussi caricatural, à ce qui nous reste de démocratie ? Ne craignent-ils pas un soulèvement populaire au niveau européen ?

Et bien, voyez-vous, nos dirigeants sont prévoyants, et c'est tout à leur honneur. The Européenne Gendarmerie Force (site officiel uniquement en anglais, bien entendu) fut fondée en 2004 afin de venir en aide aux forces de polices locales en cas de situation insurrectionnelle. En septembre dernier, l'armée suisse effectuée des manoeuvres, sous le nom de code Stabilo Due, destinée à préparer le pays pour des troubles en Europe.
Vous n'en avez sans doute pas entendu parler. Mais que l'on se rassure : tout est prévu. 

Source Envol n°632 article de Malcolm Williams 








M.E.S (Mécanisme européen de stabilité) par SCHOUM1 Les citoyens européens auraient tout intérêt à mettre en oeuvre une action pour la révision de ce traité. A notre disposition peu de moyens, l'initiative citoyenne reste la plus probable. Je laisse à votre disposition les commentaires à ce sujet, il est temps que nous fassions respecter nos droits fondamentaux et la démocratie. Une contrainte de taille pour mener une telle action, elle doit être menée par au moins 7 représentants citoyens de 7 pays de l'union. Un nombre minimum de signatures par Etat est également nécessaire, il est évident que tout est mis en oeuvre pour empêcher les citoyens de faire valoir leur droit. Mais j'en appelle à vous pour relever ce défit et essayer de faire abroger ce texte.

En conclusion, vous êtes riches, pas de soucis mis à part en cas de prise de conscience des peuples et d'une petite reprise en main du système et de la démocratie, vous resterez riche, minoritaires mais riche.

Vous appartenez à la classe moyenne, ça va changer pour vous, vous allez goûter à l'austérité, il faut bien payer le MES et les riches eux ne paierons pas. Vous ferez bientôt partie de la plus grande majorité, les pauvres !

Vous êtes pauvre, et bien ça va changer pour vous aussi ! Vous allez devenir très pauvre, avec peut être la soupe populaire ! Vous êtes très pauvre, comme les riches, rien ne changera pour vous, elle n'est pas belle la vie, vous partagez la stabilité avec la "classe" supérieure !

Évidemment une certaine mobilité entre les différents niveaux de pauvreté reste possible, mis à part pour les riches... Quoi que, avec les banques, tout est possible... Bon courage à tous, ne pas réagir c'est devenir victime de ce système, la Grèce a validé le test grandeur nature.

Voici un des rares commentaires du monde politique au sujet du Mécanisme Européen de Stabilité.




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